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L’artiste chanteur et compositeur ivoirien, Tiken Jah Fakoly, a organisé une conférence de presse en début de semaine, dans la République sœur du Mali.

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L’artiste chanteur et compositeur ivoirien, Tiken Jah Fakoly, a organisé une conférence de presse en début de semaine, dans la République sœur du Mali.
droit de réponse à la conférence de presse de Tiken sur la Guinée
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Dans son exil malien, « le donneur de leçon » avait organisé ladite rencontre pour s’exprimer exclusivement sur la politique intérieure de la Guinée, une première !

Au-delà du fait que Tiken Jah Fakoly s’intéresse à la Guinée, sa conférence de presse a un gout d’inachevé.

Trop de sous-entendus, manque de respect vis-à-vis des victimes du 28 septembre et incompétence notoire du chanteur à définir la réelle situation guinéenne avec une dose de mauvaise foi et la falsification de l’histoire africaine.

Tiken Jah Fakoly, le chanteur Ivoirien dit « avoir rencontré à deux reprises Moussa Dadis Camara », apparemment ses conseils, s’il en avait réellement donné, n’ont pas été suivis par Moussa Dadis, le Président autoproclamé de Guinée. Tiken Jah Fakoly, lors de sa conférence, au lieu de se focaliser sur le non-respect des engagements librement pris par Moussa Dadis « de rendre le pouvoir aux civils à la fin de la transition », a trouvé qu’il était plus juste de s’appesantir sur des soi-disant acharnements dont seraient victime Moussa Dadis Camara de la part de la communauté internationale. Il indexe la France d’être à l’avant-garde de cette contestation internationale. Il parle de « lynchage politique et médiatique. »

A la lecture des comptes rendus de nos confrères maliens, Tiken Jah Fakoly ne mentionne nulle part qu’il avait conseillé à Moussa Dadis Camara de tenir compte de ses engagements initialement pris face à l’opinion nationale guinéenne et internationale. On se demande bien pourquoi le sieur Fakoly peine à comprendre qu’il y a urgence en Guinée, comme il en a chez lui en Côte d’Ivoire et ailleurs en Afrique ? Dire qu’il ne « comprend pas la précipitation avec laquelle la CEDEAO a levé les boucliers contre la Guinée », cela n’est pas politiquement correcte de la part d’un monsieur dont la voix porte en Afrique. Ceci prouve également à suffisance qu’il ne suffit pas de seulement aligner des phrases pour en faire une chanson, cela suscite aussi une ouverture d’esprit, une certaine anticipation des problèmes politiques en Afrique. La situation ivoirienne aurait pu inspirer notre griot international à mieux conseillé Dadis dont il est aujourd’hui  l’un des avocats de « référence ».

Au cours de cette rencontre organisée à son domicile à Bamako, dans la capitale malienne, Tiken Jah Fakoly a dit vouloir aider la Guinée, on ne demande pas mieux.
Mais, ce n’est pas en dénigrant la communauté internationale qui est aux côtés du peuple de Guinée. Pour ne pas échouer dans cette transition, Tiken Jah Fakoly est à
même de conseiller Moussa Dadis à rendre le pouvoir après le bain de sang du 28 septembre 2009. En plus du fait que Tiken Jah Fakoly souhaite aider la jeunesse guinéenne, il ne reste pas sans savoir que c’est elle qui a payé le lourd tribut de cette fourberie militaire.

Tiken Jah Fakoly, doit savoir, à moins qu’il ne veuille consciemment falsifier l’histoire, que la situation actuelle de la Guinée s’apparentait aisément à celle du coup d’Etat contre Moussa Traoré où ATT avait renversé le dictateur pour ensuite rendre le pouvoir aux civils après une année de transition réussie. Deux postulats qui ont fait mouche dans la sous-région ouest-africaine se posaient à Moussa Dadis : soit suivre les pas d’Amadou Toumany Touré ou emprunter le chemin tortueux qui mène à la confiscation du pouvoir, genre feu Robert Guéi. Le deuxième postulat semble être celui finalement choisit par Dadis qui ne s’imagine pas attendre dix ans pour se présenter à une quelconque élection présidentielle qu’il n’est pas sûr de remporter en Guinée. Malgré cette deuxième voie choisie par Moussa Dadis, le pourfendeur des régimes militaires en Afrique trouve « que la campagne médiatique occidentale des dernières semaines a été effrayante. »

Dans un égarement total, Tiken Jah Fakoly confond la Guinée au Togo, à la Mauritanie, au Niger et à tant d’autres pays avec des régimes qui sont ce qu’ils sont. Oubliant que la comparaison ne découle pas forcement de la raison. Chaque pays à son histoire. Chaque pays, de par sa population, emprunte la voie qu’il souhaite et c’est dans cet esprit que les autres vous viennent en aide. Le 28 septembre 2009, les Guinéens de la capitale ou dit non, pas à Moussa Dadis mais à tout régime militaire parce que « le peuple en a marre ». Ce qui s’est passé dans les autres pays intéresse moins les Guinéens qui ont d’autres chats à fouetter. Aux travers des argumentaires de Tiken Jah Fakoly, on retrouve Moussa Dadis, les moins avertis diraient qu’ils se seraient concertés pour harmoniser de tels discours sur le
devenir de la Guinée.

M. Fakoly, au-delà de ses inspirations artistiques, doit également savoir qu’il y a une première fois en toute chose. Pour paraphraser une maxime restée légendaire, si
l’impérialisme en Afrique a trouvé son tombeau jadis en Guinée, une fois de plus, les régimes militaires et tous ceux qui bafouent leur Constitution trouveront leurs
tombeaux en Guinée. Ceci à partir du Non à la candidature de Moussa Dadis Camara, le 28 septembre 2009 au stade du même nom. Date à jamais gravée dans l’histoire
collective de Guinée.

Tiken Jah Fakoly a fustigé tout le long de cette conférence de presse, les pays occidentaux en nous sortant la rengaine habituelle : Samory, Sankara et Patrice
Lumumba auraient été trahis par les occidentaux. Les seules références de l’artiste dans toute l’histoire de l’humanité. Ecoutez sa musique et vous vous en apercevrez.
Les temps ont changé, ce disque est rouillé mon cher Fakolydaba. Les occidentaux n’ont rien à voir dans la tragédie guinéenne, encore moins dans le mépris sans cesse
renouvelé de Dadis face à son peuple. La Guinée n’est pas également le Soudan de Oumar El Béchir. Les Guinéens ne veulent pas sceller leur sort à, on ne sait quel
pays qui ne respecterait pas les droits de l’homme. C’est pourquoi, Moussa Dadis et CNDD doivent servir de cobayes pour que plus jamais en Afrique, le viol collectif et de jour, ne se répète. Pour que plus jamais, les militaires ne croient au dessus des lois nationales et internationales auxquelles la Guinée est signataire.

M. Fakoly, à vrai dire, souhaite que les exactions passées sous silence au Darfour, soient autant pour les massacres du 28 septembre 2009. Tiken Jah Fakoly ne se gène
pas à dénigrer les pays occidentaux : « Comme ils n'ont pas voulu faire ce que voulaient les Français ou les occidentaux, ils ont été dénigrés et tués. C'est la même chose qu'ils veulent faire au président Dadis, qui a mené une lutte contre la drogue, les narcotrafiquants, les conventions futiles dans le domaine des mines et autres ressources minières. »

M. Fakoly, en plus du fait d’ignorer les contours de la situation actuelle en Guinée, revient sur un certain chauvinisme étriqué hérité de la démagogie de certains africains qui ne veulent pas voir plus loin que le bout de leur pif. Dans les problèmes que rencontre Dadis, les occidentaux n’y sont pour rien. Ce sont les Guinéens qui ont demandé leur intervention face à la horde de barbares dont sont les victimes quotidiennes, les populations guinéennes. M. Tiken, dire « qu'aujourd'hui, il y a injustice contre la Guinée parce qu'aucune enquête n'a été faite et des gens sont déjà accusés. Si l'on laisse faire ça aujourd'hui, la Guinée va se retrouver divisée entre les ethnies, entre les régions. A ce moment, on fera la médiation entre ces peuples, ces frères et comment ? ». Ce point de vue est d’autant plus grotesque qu’irréfléchi. M. Fakoly, qui est-ce qui vous parle de pays divisé ? Les
Guinéens ont en face d’eux, un Président autoproclamé qu’ils veulent dans les casernes, sur la touche. En aucun moment vous ne faites allusion à la bonne gouvernance, à la démocratie, aux droits de l’homme et du citoyen, aux femmes violées et encore séquestrées dans les geôles de Moussa Dadis. La facilité avec laquelle vous défendez Dadis, frise le mépris vis-à-vis des Guinéens.

Quant à parler des richesses guinéennes que convoiteraient les occidentaux, source de leur « acharnement » contre Dadis, M. Fakoly, vous vous êtes doublement planté.
Il ne suffit pas de séjourné en Guinée durant deux ou trois jours à la suite d’un concert pour s’arroger le droit de falsifier la réalité sur nos potentiels économiques. Il serait mieux pour vous de gloser sur la boucherie humaine dont nous sommes victimes, parce que plus visibles et faciles à commenter.

Plus grave, M. Tiken Jah Fakoly manque de mémoire en comparant Moussa Dadis à deux illustres hommes d’Etat africains qui sont Patrice Lumumba et Sankara. Tiken doit
savoir une fois pour toute que Moussa Dadis n’a mis en veilleuse aucun contrat minier d’envergure qui pourrait faire de lui la « cible » de l’occident. Les
Guinéens n’ont qu’une seule envie, c’est de voir leur pays retrouver la voie de la vraie démocratie. Quant au sort de Dadis à comparaître, on ne sait, devant quelle juridiction internationale, l’enfer c’est les autres.

Pour en savoir plus sur les véritables motivations du soutien de Tiken Jah Fakoly à Moussa Dadis, des sources indépendantes proches du Parti National pour le Renouveau
en Guinée (PNR), accusent Tiken d’avoir des accointances avec certains de ses membres fondateurs . Les deux rencontres qui ont eu lieu entre Tiken Jah et Moussa
Dadis auraient été arrangés par ces mêmes membres du PNR qui reçoivent habituellement le chanteur quand il est en séjour à Conakry. L'un des membres
fondateurs de ce parti, dont nous préférons taire le nom, est par ailleurs l'organisateur de tous les concerts de l'artiste en Guinée. Ce Parti National pour le Renouveau (PNR) a été créé uniquement avec pour seule ambition de « présenter Moussa Dadis aux élections présidentielles en Guinée. »

Une autre source en France accuse le parti Communiste d’«instrumentaliser » Tiken Jah Fakoly par ses sorties médiatiques sur la Guinée. Le parti communiste Français
est accusé d’avoir infiltré certains sites web s’exprimant sur la Guinée, en faisant passer ses messages qui seraient contre la politique actuelle de la droite. De discrédits sont sans cesse distillés à l’encontre du parti présidentiel Français qui, à l’instar de toutes les autres puissances du monde, souhaite enfin voir s’instaurer en Guinée une démocratie véritable avec des civils au pouvoir.

Abdoulaye Youlaké Camara

Paris – France
Collectif Guinéen Contre Le Pouvoir Militaire
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www.cgcpm.org

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