Jamais la mise en place de l'équipe dirigeante de l'Association des municipalités du Mali n'a fait couler autant d'encre et de salives.
Les chefs de partis politiques au pilori ?
Prévu pour début février, le congrès ordinaire de l'Association des municipalités du Mali s'annonce tumultueux. Car, jamais la mise en place du bureau de cette association n'a fait couler autant d'encre et de salives.
Au sein de nos principales formations politiques, notamment l'ancien parti au pouvoir, une guerre de positionnement est en train de faire rage. Pour éviter d'éventuelles déchirures, une dizaine de partis politiques, le Mouvement citoyen et les autres indépendants se sont retrouvés au Qg de l'Adema -Pasj à Bamako - coura, autour de la signature d'une Déclaration commune pour une gestion consensuelle de l'Amm.
Cependant, l'heure n'est pas encore à une gestion consensuelle de l'Association des municipalités du Mali. Et, pour cause, un certain nombre de maires, un peu de toutes les sensibilités politiques, se sont donné rendez-vous le week-end dernier dans la Venise malienne pour faire part de leur indignation. Dans un document dit ''Déclaration de Mopti'', ils appellent les partis politiques à ne pas se mêler de la gestion de leur association qui est ''avant tout une affaire de maire et non de parti politique''. Ainsi entendent-ils s'insurger contre une éventuelle caporalisation de l'Amm par les chefs de partis politiques.
Quatre prétendants pour un fauteuil !
La mise en place du bureau de l'Amm constitue un test majeur pour les responsables politiques. Si la Déclaration commune reste muette sur le partage de postes, il ne fait l'ombre d'aucun doute que l'Adema va prétendre à la présidence en proposant son candidat officiel, Boubacar Bah dit Bill, maire de la commune V du district de Bamako.
Toutefois ce dernier, malgré le soutien affirmé par les responsables de son parti, ne semble pas rassurer les autres formations politiques, surtout au niveau de leurs bases.
Tout compte fait, le président sortant, Abdel Kader Sidibé, maire de la commune III, reste dans la course pour conduire les destinées de l'Association pour les cinq années à venir. Tout comme le directeur du Fonds de solidarité nationale, Adama N Diarra, qui ne fait pas mystère de ses ambitions pour une AMM au service des communes. Avec ses ennuis judiciaires relatifs au contentieux électoral, le maire de la commune IV, Moussa Mara est jeté aux oubliettes. Même s'il continue toujours de gérer les affaires communales. Du coup, ses ambitions à la Présidence de l'Amm restent intactes. Au congrès, il pourrait jouer toujours un rôle de trouble-fêtes.
De nos échanges avec les édiles de plusieurs communes, rurales et urbaines, tous les candidats sont déjà sur le terrain pour mener leurs campagnes. Dans ces conditions, la multiplication des candidatures ne constitue-t-elle pas un désaveu, voire un pilori pour les chefs de partis politiques ?
Chiaka Doumbia
le challenger



