L’issue de la 17è Assemblée Générale de la Fédération Malienne d’Athlétisme, tenue le 25 Septembre dernier au Stade du 26 Mars de Bamako, a engendré une crise sans précédent. Suite à l’élection d’un nouveau bureau dirigé par Daouda Sogoba, 1/3 du bureau a jeté l’éponge juste après la lecture de la liste. Au lendemain de ses assises, 6 autres membres clés de l’équipe Sogoba suivront l’exemple des premiers. Face à une telle crise les yeux sont actuellement tournés vers le Département des Sports, structure de tutelle habilitée à trancher le litige
C’est sur fond de crise que la 17è assemblée générale ordinaire de la FMA a pris fin à l’absence du président sortant Idrissa Bah pour cause de maladie. Cette discorde prend une nouvelle dimension. En effet, après la démission de 6 membres lors du conseil, 6 autres membres de l’équipe de Sogoba viennent de rendre le tablier pour compléter le nombre à 12.
Après le mandat d’Idrissa Bah, la Fédération Malienne a procédé le 25 septembre dernier au renouvellement de son bureau : 3 points étaient inscrits à l’ordre du jour : lecture et adoption du dernier procès verbal, présentation des rapports : financier et moral et le renouvellement du bureau. Les deux premiers points seront adoptés sans discussion. Le bilan de l’équipe d’Idrissa Bah avait été salué à l’ouverture par l’assemblée. Car c’est sous sa houlette, que le Mali a participé à plusieurs meetings : sous régional, continental et mondial et a organisé plusieurs grands prix à Bamako dont celui du CAA. Ce qui conduit à la récolte de 116 médailles (41 ors, 42 en argent et 33 en Bronze, ainsi que 20 records nationaux battus par nos athlètes). Ce bilan sera également apprécié par le représentant du Ministre de la Jeunesse et des Sports Mamadou Coulibaly qui affirmera que les objectifs fixés par le bureau précédent ont été en partie atteints. Le président sortant Idrissa Bah depuis son lit d’hôpital a envoyé un message dans lequel, il remercie tous les membres du bureau pour l’accompagnement bénévole et le sacrifice consenti durant le mandat. Après la mise en place d’une commission d’investiture, la divergence interviendra à l’entame du dernier point de l’ordre du jour à savoir le renouvellement du bureau. Le candidat Daouda Sogoba était face à son ancien président Idrissa Bah. Le climat paisible qui prévalait dans la salle cèdera le pas à celui de la discorde. L’élection de Daouda Sogoba à la place d’Idrissa Bah a été une pilule difficile à avaler par l’ancienne équipe dont 6 membres seront reconduits dans le nouveau bureau. M. Sogoba sera élu par 5 ligues sur 9 : les ligues de Kayes et celles du nord. Les quatre autres militaient en faveur de l’ancien leader qui est toujours candidat à sa succession mais malade depuis un certains temps. Les 12 démissionnaires (dont notre confrère Idrissa Diakité du journal « Champions ») avec à leur tête le 2è vice-président Dramane Coulibaly, ont purement et simplement manifesté l’intérêt pour que Idrissa Bah reste à la tête de la FMA pour finir son chantier. Le lendemain du conseil, 6 autres membres s’ajouteront à la tendance des démissionnaires. Le représentant du ministre, dans une salle a moitié vide demandera au conseil d’organiser dans un bref délais, un conseil extraordinaire pour remembrer le bureau, d’élargir le nombre de vice président et enfin se pencher sur la création d’un poste de commissariat au compte. Les démissionnaires ont aussitôt adressé une lettre de démission au département des Sports avec ampliation au Comité National Olympique et Sportif du Mali et à la CAA (Confédération Africaine d’Athlétisme) sans expliquer le motif de leur acte.
« Pas de bras de fer »
Le nouveau président Daouda Sogoba que nous avons reçu dans notre rédaction nous a confié en long et en large l’avènement de cette crise et les mesures qui s’imposent. Le Président Sogoba ayant déjà travaillé avec Jeamille Bittar et deux mandats avec Idrissa Bah a souhaité travailler avec certains membres de l’ancienne équipe qui se désisteront verbalement par la suite. Pour Daouda Sogoba, dans ce cas de figure « les textes prévoient un conseil extraordinaire, organisé par le restant pour remembrer le bureau en tenant compte des démissionnaires…». M. Sogoba se pose la question de savoir à quel titre et sous quel entête les démissionnaires écrivent une lettre au Ministère et à la CAA? Car continue-t-il le titre de membre de bureau se perd selon l’article 9 des statuts, après avoir manifesté la volonté de se désister. Interpellé par les différentes structures saisies, le nouveau patron de la FMAA dira qu’il ignore leur comportement car jusqu’à preuve de contraire il n’y a qu’un seul bureau élu. Selon l’article 13 des statuts de la FMAA, «Seul le conseil national est habilité à mettre fin au mandat d’un bureau fédéral après avis des deux tiers des membres du conseil » : « Je trouve que l’ancienne équipe continue de faire la rétention en gardant les clés des locaux…». Le nouveau président prône pour la stabilité et compte suivre les voies de médiation pour faire revenir les démissionnaires dans le bureau afin de faire route ensemble. « Au bout de toutes ces déclarations j’ai essayé de démarcher certains de ces membres. J’ai fait un courrier pour demander à l’ancienne équipe de nous donner la date de passation de service et je convoquerais bientôt une réunion avec le nouveau bureau afin de savoir qui est revenu qui ne l’est pas. Jusqu’à présent, je considère qu’on peut trouver la solution…». Notre orateur du jour ne compte pas aller à un bras de fer. Daouda Sogoba veut suivre les consignes du conseil ordinaire qui consiste à aller au conseil extraordinaire comme bien parapher dans les recommandations du représentant du Ministre de la Jeunesse et des Sports. Cela fait donc force de loi a-t-il ajouté. Aussitôt installé, le nouveau bureau compte décentraliser la discipline comme chez le basket-ball pour la faire promouvoir. Du côté d’Idrissa Bah qui, selon des sources, sera à Bamako cette semaine, hors mis les lettres de démission de ses partisans, l’on enregistre un silence radio.
Après une étude minutieuse des dossiers le ministre de la Jeunesse et des Sports doit prendre une décision qui s’impose pour décanter la situation sinon le Mali risque de laisser des plumes au niveau de cette discipline qui vient au troisième rang après le football et le basket-ball.
Aminata Mariko
Nouvelle Republique



